02-11-07

L'affaire de l'Arche de Zoé "affaiblit la position de la France"


getafpmediaL'affaire de l'Arche de Zoé "affaiblit la position de la France avant l'arrivée de la force de stabilisation" au Tchad - Trois questions à Emmanuel Dupuy, président de l'Institut prospective et sécurité de l'Europe (IPSE) et spécialiste de l'Afrique.




- L'affaire de l'Arche de Zoé va-t-elle modifier les relations entre la France et le Tchad ?

Sans me prononcer sur le fond, on perçoit que l'opération menée par l'Arche de Zoé est très mal ficelée, douteuse financièrement et sans aucun objectif réellement humanitaire.
La France est dans une posture difficile car elle doit expliquer pourquoi elle n'a pas été suffisamment vigilante et pourquoi elle a été incapable d'empêcher cette opération menée par des "pieds nickelés" de l'humanitaire. Quoi qu'il arrive, il restera des séquelles de cette affaire, car la diplomatie française est obligée d'adopter une position défensive alors qu'elle s'était montrée la plus volontariste, avec les Anglais, pour l'installation d'une force de stabilisation dans la région (Eufor).

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- Dans quelle mesure le président Déby va-t-il instrumentaliser cette affaire à son profit ?

Cette affaire tombe à pic pour Idriss Déby. Le président tchadien tolère l'intervention de l'Eufor, mais on ne peut pas dire qu'il l'attende avec une franche impatience. Cette force de stabilisation va notamment focaliser l'attention sur le fait qu'il n'arrive pas à stabiliser cette région de l'est du Tchad.

Quand il parle de "vente" d'enfants, de "pédophilie" ou de "ventes d'organes", il cherche à se repositionner sur la scène intérieure. Cela peut lui redonner une légitimité dans un pays où il ne représente pas toutes les composantes de la population. Mais cela va également lui permettre de reprendre une place sur la scène internationale, en détournant l'attention jusqu'ici focalisée sur les problèmes des rebelles dans l'est du pays.

Il pourrait enfin instrumentaliser cette affaire à son profit en demandant par exemple que la stabilisation de la région – face notamment aux rebelles qui défient le pouvoir central – fasse partie des missions de l'Eufor Tchad-RCA, telles que décidées par l'UE le 15 octobre dernier, ce qui n'est pour l'instant pas le cas. On est dans une stratégie de poker : Idriss Déby a un joker et il va faire monter les enchères.

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- Quelles conséquences pourraient avoir cette affaire sur le terrain ?

Cette affaire va compliquer la mise en place de l'Eufor-Tchad-RCA parce que les 4 000 militaires qui la composeront à terme ne vont pas arriver dans un très bon climat général, alors que leur objectif est d'assurer un environnement stable pour les réfugiés ou les personnes déplacées et de permettre aux humanitaires de travailler sans entraves. Mais cela affaiblit également la légitimité des nombreuses ONG au Tchad qui s'occupent des réfugiés du Darfour. Au cours des prochains mois, leur travail ne va pas être facilité. L'attention de la communauté internationale sera renforcée. N'Djamena sera très "vigilant", voir plus regardant quant à leurs activités.

LEMONDE.FR | 29.10.07 | 15h37 - Mis à jour le 29.10.07 | 20h03

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-972477,...


FranseZwarteminister.keyimg20071026_8355062_2Tchad : 9 Français arrêtés avec 103 enfants - La secrétaire d'Etat française Rama Yade qualifie cette action d'illégale

La police tchadienne a arrêté jeudi neuf Français qui s'apprêtaient à quitter le Tchad par avion en compagnie de 103 enfants africains, dans le but de les faire adopter, ont rapporté le gouvernement de N'Djamena et des diplomates français.

Parmi les personnes arrêtée figure le président d'une ON appelée Arche de Zoé, qui avait déclaré cette année que son organisatio avait l'intention de ramener en France des orphelins de la région soudanais du Darfour, afin qu'ils soient adoptés, a-t-on déclaré à Paris de source diplomatique.

Le ministre tchadien de l'Intérieur, Ahmat Mahamat Bachir, a précisé que les neuf ressortissants français avaient été arrêtés à l'aéroport d'Abéché, dans l'est du Tchad, près de la frontière avec le Soudan, et qu'ils étaient sous la garde des policiers de la ville.

Pas tous orphelins

"Ils n'avaient aucune autorisation officielle. Nous avons ouvert une enquête", a dit Bachir à Reuters par téléphone.

Selon le ministre tchadien de l'Intérieur, des petits Tchadiens sont au nombre des 103 enfants, qui ont de trois à huit ans. Tous ne sont pas orphelins, a ajouté Bachir.

Risque de trafic d'enfants

Dans un entretien à paraître vendredi dans le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme du gouvernement français, souligne qu'"on ne sait rien des conditions du regroupement de ces enfants". "On ne connaît rien de leurs origines, de leur nationalité et de la réalité de leur situation familiale et communautaire", ajoute-t-elle.

"Les enlever comme ça est - de mon point de vue - illégal et irresponsable", poursuit-elle. Priée de dire s'il est possible de parler de trafics d'enfants, elle répond: "Nous n'avons pas encore assez d'éléments pour le dire, mais il y a des risques." De source diplomatique, on déclarait jeudi à Paris que les enfants venaient sans doute de la région d'Adré, à la frontière tchado-soudanaise. "Certains pourraient peut-être venir du Darfour, d'autres du Tchad", ajoutait-on de même source.

L'ONG savait l'illégalité de sa démarche

"Le moins qu'on puisse dire c'est que les gens d'Arche de Zoé étaient très loin de ne pas savoir que ce qu'ils envisageaient était (...) d'abord fortement déconseillé, et éventuellement, s'il s'agissait d'adoption, illégal", ajoute-t-on de même source. Dans Le Parisien, Rama Yade dit avoir appelé l'association "à la plus grande vigilance" dès le 3 août dernier.

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères a condamné "avec fermeté" jeudi l'opération que comptait mener à bien Arche de Zoé. "Le Tchad comme le Soudan, dont ces enfants pourraient être originaires, sont des Etats souverains qui n'autorisent pas l'adoption. Il est aujourd'hui impossible pour une famille française de lancer une procédure d'adoption d'un enfant tchadien ou soudanais", a déclaré le Quai d'Orsay.

L'ONG pourrait avoir encaissé plus d'un million d'euros

Des familles de France et de Belgique ont payé pour que les enfants soient acheminés vers un aérodrome situé à Vatry, près de Reims, à 120 km à l'est de Paris, a-t-on indiqué de source diplomatique à Paris, en disant penser qu'"elles auraient payé entre 2800 et 6000 euros (chacune) pour recevoir un enfant".

"Il y a environ 300 familles qui auraient contribué et quand vous faites la multiplication, si on ne s'est pas trompés, ça fait un peu plus d'un million d'euros", a-t-on ajouté.

agences/fm - 26.10.2007

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8355...

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- http://www.google.be/search?hl=nl&q=L%27Arche+de+Zoé&btnG...
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Les "orphelins" du Tchad - Archives Les témoignages confus des "orphelins" d'Abéché


"Les Nasara (Blancs) nous ont expliqué qu'on irait à l'école et que quand on serait grand, on aurait des véhicules", raconte, en arabe, Hamza, âgé de moins d'une dizaine d'années et vêtu d'une chemise d'allure militaire et d'un pantalon kaki.


Quand Hamza a quitté son village à la frontière tchado-soudanaise, son père "était là". "C'est lui qui m'a confié aux Blancs", assure ce garçon à l'orphelinat d'Abéché, dans l'est tchadien, où il se trouve avec les enfants qu'une association a tenté d'emmener en France.

"Les Nasara (Blancs) nous ont expliqué qu'on irait à l'école et que quand on serait grand, on aurait des véhicules", raconte, en arabe, Hamza, âgé de moins d'une dizaine d'années et vêtu d'une chemise d'allure militaire et d'un pantalon kaki.

Sans jamais s'éloigner de son petit frère, il finit par lâcher: "Je suis Soudanais". Immédiatement, c'est le tollé dans l'assistance tchadienne. "Ce n'est pas vrai, c'est un Tchadien. Ses parents sont Tchadiens, on les connaît ici", lance un travailleur social, clouant le bec au petit garçon qui semble ne plus oser prendre la parole.

L'association française l'Arche de Zoé entendait emmener en France 103 enfants de cette région à cheval entre le Tchad et le Soudan, dans le cadre d'une opération très controversée. Elle affirme avoir voulu "sauver" des "orphelins" du Darfour, région du Soudan voisin, en proie à une guerre civile.

Depuis que les petits ont été "récupérés" jeudi par la police tchadienne, puis transférés à l'orphelinat d'Abéché, ils assistent, parfois apeurés, à un défilé incessant d'autorités, de diplomates et de journalistes. Les agences humanitaires tentent, tant bien que mal, de mener l'enquête sur l'origine des enfants et leur statut familial.

"On pense de plus en plus que ce ne sont pas des orphelins. Ils répètent sans cesse qu'ils vont rentrer chez leurs parents", explique une porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Annette Rehrl. Mais "on doit le vérifier tout de même dans les villages", nuance-t-elle.

Le HCR, en compagnie de représentants de l'Unicef et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), interroge les enfants un à un, à l'écart des autres. "La majorité a entre trois et six ans. C'est très difficile de demander à un enfant de trois ans comment il s'appelle et d'où il vient", poursuit Annette Rehrl. "En plus, il y a des enfants qui ont déjà changé de nom et d'histoire".

C'est le cas de Miriam, dix ans, la doyenne de la bande et, à ce titre, celle qui est le plus souvent questionnée lors des visites des délégations.

"Ma mère est morte, et mon père était aux champs. J'étais avec ma petite soeur. Des Blancs nous ont proposé des sucreries pour les accompagner", dit se souvenir la fillette originaire de Tiné, localité frontalière dans le nord-est du Tchad, qui parle le zaghawa, une langue locale parlée de part et d'autre de la frontière tchado-soudanaise.

"Des détails de son histoire changent souvent, elle essaie de comprendre ce qu'on veut lui faire dire", estime une assistante sociale. Sur une natte de l'orphelinat, à même le sol, des dizaines d'enfants ont été regroupés pour la visite de plusieurs diplomates. Effrayés par la foule d'observateurs, les plus jeunes sanglotent sans répit.

"Je veux rentrer chez moi", martèle Ousmane Dafallah, qui tente de faire entendre sa petite voix au milieu des cris des autres enfants, debout parmi les diplomates. "Je peux même rentrer à pied. Et si je meurs, c'est pas grave", insiste Ousmane, qui a quitté il y a cinq semaines son village près d'Adré, ville tchadienne frontalière du Soudan.

Une fois la délégation partie, les pleurs s'apaisent, la vie reprend son cours. Les plus âgés jouent dans la cour de l'orphelinat, pendant que les "mamans" des services sociaux tchadiens choient les plus petits.



La Libre Belgique, Mis en ligne le 29/10/2007

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Perquisition au siège parisien de L'Arche de Zoé


Les policiers agissaient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte mercredi dernier pour "exercice illicite de l'activité d'intermédiaire en adoption de mineurs ou de placement en vue d'une adoption" à la suite d'une enquête préliminaire entamée en juillet dernier.


La Brigade de protection des mineurs (BPM) a perquisitionné vendredi au siège de l'association l'Arche de Zoé ainsi que dans des locaux leur appartenant et au domicile de son fondateur, Eric Breteau, a-t-on appris lundi de source policière.

Les policiers agissaient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte mercredi dernier pour "exercice illicite de l'activité d'intermédiaire en adoption de mineurs ou de placement en vue d'une adoption" à la suite d'une enquête préliminaire entamée en juillet dernier. L'Arche de Zoé avait fait l'objet d'une dénonciation auprès de la BPM après l'appel lancé sur son site internet pour "une opération d'évacuation des enfants orphelins du Darfour".

Neuf Français et sept membres de l'équipage de l'avion de la compagnie charter espagnole Girjet ont été placés en détention jeudi dernier à Abéché, dans l'est du Tchad, dans le cadre d'une tentative d'évacuation d'une centaine d'enfants présentés aux familles d'accueil françaises par l'ONG comme étant des orphelins du Darfour.

La Libre Belgique, Mis en ligne le 29/10/2007

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L'Arche de Zoé coule


La France s'est désolidarisée de l'association qui tentait d'exfiltrer des enfants du Tchad. Le pilote belge Jacques Wilmart a été interpellé. Il ne faisait que transporter des enfants au sein du Tchad, selon son avocat.


Comme il s'y attendait, le pilote belge Jacques Wilmart a été interpellé dimanche à N'Djaména par les autorités tchadiennes chargées de faire la lumière sur l'opération "Children Rescue" montée par l'association française Arche de Zoé. Son rôle dans la mission avortée, qui visait à exfiltrer 103 enfants de l'est du Tchad, "reste à établir", a déclaré hier François Delhaye, le porte-parole adjoint du ministère belge des Affaires étrangères.

Le pilote a été l'un des maillons de l'opération, qualifiée de "complètement illégale" par l'ambassadeur de France Bruno Foucher, cité par l'Agence France-Presse. Interrogé par Europe 1 samedi, le Belge a assuré que tous ses documents étaient "clairs", mentionnant des "orphelins du Darfour", et que les Tchadiens "étaient au courant" de l'opération - ce qu'ils nient. Lui-même, en "mission humanitaire", n'était chargé que de "chercher des enfants en difficulté dans les frontières du pays et de les conduire, toujours au Tchad, en un lieu où les soins médicaux urgents seraient administrés à ceux-ci", selon son avocat, Me Magnée. Mais "qu'il y ait eu des abus ou des mensonges, c'est possible...", d'après Jacques Wilmart.

C'est ce que pensent en tout cas la France, qui s'est clairement désolidarisée de l'opération de l'Arche de Zoé, le Soudan, qui a annoncé la création d'une commission d'enquête, et le Tchad, qui a accusé les responsables "d'enlèvement" et "de trafic" d'enfants, voire "de pédophilie". Les témoignages recueillis par l'Unicef, le Haut commissariat aux réfugiés et la Croix-Rouge indiquent que la plupart des petits n'étaient pas soudanais mais tchadiens, et qu'ils n'étaient pas forcément orphelins. "Quand je suis arrivé ici, j'ai reconnu trois de mes neveux, les enfants de ma soeur qui habite à Tiné", a assuré hier un haut gradé de l'armée en visite à l'orphelinat d'Abéché où ont été amenées les victimes. Aussi, les membres de Children Rescue, "répondront de leurs actes au Tchad", a asséné Bruno Foucher. Outre le Belge, neuf Français et sept Espagnols sont sous les verrous.

"Irréalisable"

"Solidaire" depuis la France, le Collectif des familles des orphelins du Darfour a tenu à préciser que l'aventure n'avait "jamais été un projet d'adoption, mais un projet d'accueil bénévole d'enfants orphelins en danger de mort". Et que "le soutien financier de chaque famille participant au projet d'évacuation ne doit en aucun cas être assimilé à un achat d'enfant."

"Le véritable débat qu'est le génocide au Darfour est occulté une fois de plus", a pour sa part contre-attaqué l'association "Kiro et Louna" qui recherchait, elle, 100 familles en Belgique. Son objectif, "de regrouper et mobiliser les familles en vue de l'accueil des orphelins du Darfour", est "maintenant irréalisable", ont fait savoir les responsables, qui devraient rencontrer mercredi Didier Dehou, le directeur du service des adoptions à la Communauté française. Laquelle avertissait depuis quelque temps déjà les futurs parents adoptifs des dangers de ce genre d'opération.

La Libre Belgique, Mis en ligne le 29/10/2007

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Les 17 Européens attendent leur probable inculpation


La justice française a ouvert une information judiciaire, la semaine dernière, et soupçonne cette association d'avoir tenté de servir d'intermédiaire illégal dans le domaine de l'adoption.


Tentative controversée de transport en France de 103 enfants: 17 Européens en garde à vue au Tchad Dix-sept Européens sont désormais en garde à vue au Tchad dans le cadre de l'enquête sur la tentative controversée de transport en France de 103 enfants de la région, et devraient être fixés lundi, pour la plupart d'entre eux, sur une très probable inculpation.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui a appelé dimanche soir son homologue tchadien Idriss Deby Itno, a "condamné" l'opération menée par l'association française Arche de Zoé, qu'il a jugée "illégale et inacceptable".

La déclaration de l'Elysée est le point d'orgue d'une série d'interventions officielles au cours desquelles Paris s'est vivement désolidarisé de cette association. L'ambassadeur de France à N'Djamena, Bruno Foucher, a ainsi annoncé dimanche que les Français qui ont "participé à l'ensemble de cette manipulation illégale (répondraient) de leurs actes au Tchad".

Neuf Français - des membres de l'association et trois journalistes - ainsi que les sept Espagnols de l'équipage de l'avion qui devait transporter les enfants en France ont été interpellés jeudi à Abéché, principale ville de l'est du Tchad. Leur garde à vue au commissariat central de la ville, qui ne peut plus être prolongée, devait prendre fin lundi.

"Ils vont être transférés à la mi-journée (lundi) au bureau du procureur, qui va les entendre, étudier les procès-verbaux et décider de l'inculpation", a-t-on expliqué à l'AFP de source judiciaire tchadienne. En cas d'inculpation, ces Européens peuvent être poursuivis pour "enlèvements et séquestrations", a dit le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké au journal français L'Est républicain.

Un pilote belge qui a acheminé une partie des enfants à Abéché depuis la frontière tchado-soudanaise est lui aussi en garde à vue depuis dimanche à N'Djamena.

Les autorités françaises s'étaient bornées jusqu'ici à prendre des nouvelles de leurs ressortissants interpellés. Lundi, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Rama Yade leur a promis "un maximum de protection", et a estimé qu'il fallait "dissocier" le sort des journalistes en reportage, dont l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé la libération "sans condition".

N'Djamena a accusé verbalement les responsables de l'opération d'"enlèvement" et "trafic" d'enfants. Le président Deby s'est même demandé s'ils entendaient "vendre" les enfants "aux ONG pédophiles", ou bien "les tuer et enlever leurs organes".

Face à ces accusations répétées avant même toute inculpation formelle, François Hollande, à la tête du Parti socialiste, principale formation d'opposition en France, a estimé qu'il fallait "éviter que le président tchadien en fasse un élément de pression". Le président Deby a toutefois garanti à Nicolas Sarkozy que la force que l'Union européenne (UE) doit déployer dans les prochaines semaines dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique n'était pas remise en cause.

L'Arche de Zoé, qui assure que Paris ne lui a jamais clairement interdit de mener son opération, dit avoir voulu "sauver de la mort" des "orphelins" affectés par la guerre civile au Darfour, dans l'ouest du Soudan frontalier du Tchad.

A l'orphelinat d'Abéché, les agences humanitaires tentent de mener l'enquête auprès des enfants, parfois apeurés. "On pense de plus en plus que ce ne sont pas des orphelins", explique une porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Annette Rehrl. Mais "on doit le vérifier tout de même dans les villages", nuance-t-elle.

"C'est une bande d'illuminés qui ont monté cette opération parce qu'ils y croyaient je suppose", a affirmé lundi Rama Yade au sujet des responsables de l'Arche de Zoé.

La justice française a ouvert une information judiciaire, la semaine dernière, et soupçonne cette association d'avoir tenté de servir d'intermédiaire illégal dans le domaine de l'adoption.

La Libre Belgique, Mis en ligne le 29/10/2007

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Enfants au Tchad: le Parquet requiert l'inculpation de 16 Européens et 2 Tchadiens


Le procureur d'Abéché, dans l'est du Tchad, a annoncé lundi à l'AFP avoir requis l'inculpation de seize Européens et deux Tchadiens pour "enlèvement de mineurs", "escroquerie" ou "complicité" dans l'enquête sur la tentative de transport d'enfants vers la France.
"On a qualifié les actes concernant les 16 Européens et les deux Tchadiens", a déclaré le procureur Ahmat Daoud, joint au téléphone.
"Pour les neuf Français (des membres de l'association française Arche de Zoé et trois journalistes), il s'agit d'enlèvement de mineurs tendant à compromettre leur état civil, et d'escroquerie", a-t-il dit.
Les sept Espagnols de l'équipage de l'avion qui devait transporter jeudi 103 enfants du Tchad vers la France, ainsi que deux Tchadiens, sont soupçonnés de "complicité" de ces mêmes actes, a-t-il poursuivi.
"Je vais saisir immédiatement le juge d'instruction qui devrait les inculper ce soir", avant minuit (23H00 GMT), a conclu le procureur.
Selon le Parquet d'Abéché, les deux Tchadiens, dont l'implication dans cette affaire n'avait pas été révélée jusqu'ici, sont "une autorité administrative" et "un notable". Le procureur n'a toutefois pas précisé leur identité, et on ne savait pas lundi soir si ces deux personnes étaient en garde à vue.
Les neuf Français et sept Espagnols ont été arrêtés jeudi à Abéché alors que l'Arche de Zoé s'apprêtait à faire embarquer dans un avion à destination de la France 103 enfants de la région située de part et d'autre de la frontière tchado-soudanaise.
Leur garde à vue s'achève lundi soir.
Selon une source judiciaire tchadienne, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé lundi matin de les transférer à N'Djamena pour la suite de la procédure.
Un pilote belge qui a acheminé une partie des enfants depuis la frontière tchado-soudanaise vers Abéché est pour sa part en garde à vue depuis dimanche à N'Djamena, mais aucune décision n'a encore été annoncée à son sujet.
L'Arche de Zoé affirme avoir voulu "sauver de la mort" des "orphelins" du Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile.

Les autorités tchadiennes ont toutefois dénoncé dès jeudi un "enlèvement" d'enfants en vue d'un "trafic". La France s'est également vivement désolidarisée de cette opération, assurant que ses responsables "répondront de leurs actes au Tchad".

La Dernière Heure 29/10/2007 22:08 - ABÉCHÉ (AFP)

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Arche de Zoé - Les Européens détenus au Tchad officiellement inculpés


Les neuf Français impliqués au Tchad dans l'affaire de l'ONG "L'Arche de Zoé" ont été inculpés dans la nuit d'"enlèvement de mineurs tendant à compromettre leur état civil et escroquerie".


Coup de tabac pour "L'Arche de Zoé". Les six membres de l'ONG interpellés jeudi dernier au Tchad alors qu'ils tentaient de sortir 103 enfants africains du pays, ont été inculpés. Ils sont formellement accusés par le parquet d'Abéché d'"escroquerie" et d'"enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil", ce dernier chef d'inculpation étant, selon le code pénal tchadien, passible de peines de travaux forcés.

Le ministre tchadien de l'Intérieur Ahmat Bachir a déclaré que si les prévenus étaient reconnus coupables, ils encourraient une peine de travaux forcés pouvant aller jusqu'à 20 ans. Les trois journalistes interpellés en leur compagnie ont, eux, été inculpés pour "complicité" ainsi que les sept employés espagnols d'une compagnie charter et un pilote belge, a précisé à l'Associated Press le ministre tchadien de la Justice Pahimi Padacket Albert.

En France, Me Gilbert Collard, qui est l'avocat de plusieurs membres de l'ONG, a réagi à ces inculpations en estimant qu'"avec les autres avocats nous sommes désormais dans un cadre juridique qui, pour ne pas être idyllique, est moins grave que ce que les surenchères verbales ne le laissaient penser": "Nous allons maintenant travailler avec des avocats tchadiens à contester pièce par pièce tous les éléments du dossier. Nous entrons sur un terrain difficile mais qui est désormais cadré".

Cette mise en examen officielle est survenue au terme de l'expiration lundi soir de la garde à vue prolongée. Les 17 Européens devraient être transférés dans la journée vers la capitale N'Djamena. "Maintenant que les accusations sont posées, nos avocats vont pouvoir se rendre sur place, afin déjà de voir notre équipe. On va aussi, au niveau de la France, organiser différentes manifestations", a réagi sur France-Info Christine Péligat, l'épouse d'un des membres de l'Arche de Zoé retenus au Tchad et qui était chargé de la logistique. "Les gens se manifestent de plus en plus pour savoir comment nous aider par rapport à cette injustice, pour demander à la France de réagir et nous aider afin de les ramener le plus vite possible. Maintenant on associe bien le fait que l'association a été quelque peu prise en otage", a encore dit Mme Péligat.

Egalement interrogé sur France-Info, Hervé Chabalier, le directeur de l'agence Capa dont le journaliste Marc Garmirian est au nombre des inculpés au Tchad, s'est dit "effondré" avant de déclarant: "Ca n'a pas de sens, ça n'a aucun sens. Dans cette affaire depuis le départ tout est déboussolé: les gens de l'agence, leur projet, ne correspondant à aucun critères habituels et normaux de ce que font dans l'humanitaire, les propos les réactions excessifs du gouvernement tchadien, qui nous ont beaucoup étonné, notamment ceux du président, et déboussolée aussi une justice qui est en train de confondre un journaliste, qui est un observateur, et les acteurs de cette opération".



La Libre Belgique - Mis en ligne le 30/10/2007

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Deux Tchadiens inculpés de complicité d'enlèvement

Deux Tchadiens ont été inculpés de "complicité d'enlèvement de mineurs", portant à 18, dont 16 Européens, le nombre de personnes poursuivies au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé, a annoncé mardi le ministre tchadien de la Justice.
"Les deux Tchadiens ont également été inculpés pour complicité d'enlèvement de mineurs", a déclaré le ministre Albert Pahimi Padacké.
Il s'agit d'un sous-préfet et d'un chef de quartier de la localité de Tiné, dans le nord-est du Tchad, à la frontière avec le Soudan.
Neuf Français - des membres de l'association française Arche de Zoé et trois journalistes - ont été inculpés lundi soir par un juge d'Abéché (est du Tchad) d'"enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil" et d'"escroquerie".
Les sept Espagnols de l'équipage de l'avion qui devait transporter jeudi 25 octobre en France, à partir d'Abéché, 103 enfants de la région dans le cadre d'une opération controversée montée par l'Arche de Zoé ont été inculpés de "complicité".
Toutes les personnes ont été placées "sous mandat de dépôt", a expliqué le ministre.
Elles se trouvaient toujours mardi matin au Palais de Justice d'Abéché où elles ont passé la nuit, dans l'attente d'un probable transfert à N'Djamena, à 700 km plus à l'ouest, pour des raisons de sécurité.

La Libre Belgique - Mis en ligne le 30/10/2007

Gepost door: Jacqueline | 02-11-07

Les "orphelins" du Tchad - Archives (2) Paris entre embarras et courbettes


Les 17 occidentaux placés en garde à vue dans l'affaire de "L'Arche de Zoé" devraient être inculpés. Le pouvoir français s'est aligné sur son allié tchadien, priorité du Darfour oblige.
Mais cette "servilité" ne fait pas l'unanimité en France.


CORRESPONDANT PERMANENT à PARIS

Les dix-sept occidentaux, dont neuf Français, placés en garde à vue au Tchad après le fiasco de la tentative d'exfiltration vers l'Europe d'une centaine d'enfants par l'ONG française "L'Arche de Zoé", ont été déférés lundi devant le procureur de la République. L'inculpation des Français pour "enlèvement de mineurs tendant à compromettre leur état civil et escroquerie" et des sept Espagnols et de deux Tchadiens pour complicité était attendue - aucune charge n'a encore été formulée à l'encontre du 17e Européen, un pilote belge.

En vertu de la loi tchadienne, ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le matin même, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Rama Yade, a promis l'octroi à ces Français de l'assistance consulaire et d'"un maximum de protection", et s'est engagée à ne "jamais" les abandonner. Désormais, Paris trouve aussi qu'il faut "dissocier" le sort des journalistes de celui des autres détenus.

C'est un changement de ton dans le chef des autorités françaises, dû sans doute aux critiques émises ces derniers jours à l'égard de l'alignement systématique de Paris sur N'Djamena dans ce dossier. Ainsi, dès l'éclatement de l'affaire, Rama Yade avait jugé "illégal et irresponsable" le comportement de l'ONG et ajouté "comprendre" la colère du Président tchadien Idriss Déby. Sur place, l'ambassadeur français avait opiné puis dit que sa préoccupation première allait aux enfants, et non aux détenus. Ce week-end, le ministre des Affaires étrangères Kouchner puis le Président Sarkozy ont répété par téléphone à Idriss Déby combien ils trouvaient l'attitude de l'ONG française "irresponsable et inacceptable". Même les accusations les plus graves - et les moins prouvées - d'Idriss Déby à l'égard des ONG occidentales (pédophilie et trafic d'organes) n'ont pas été commentées négativement par Paris.

Paris "ligoté"

Cette attitude accommodante est décryptée par les observateurs - et par des diplomates français s'exprimant sous le couvert de l'anonymat - comme révélatrice de la hantise des autorités françaises que le pouvoir tchadien se serve de ce fait divers pour remettre en cause son aval donné au déploiement le mois prochain au Tchad d'une force européenne d'interposition pour le Darfour. Paris, en effet, a fait de la résolution de la crise du Darfour une des priorités de sa diplomatie et la France, comme "nation-cadre", jouera un rôle premier dans cette force. A cet égard, le discrédit jeté sur le secteur humanitaire - français, en tout cas - par l'"affaire Zoé" l'embarrasse au plus haut point.

Mais Idriss Déby l'a dit à Nicolas Sarkozy : la France et l'Europe n'ont "aucune crainte à avoir" sur une remise en cause tchadienne de la force d'interposition. Paris peut donc baisser d'un ton dans l'alignement systématique sur N'Djamena. Cela tombe bien, car les critiques commençaient à affluer.

Ainsi, la Ligue des droits de l'homme a jugé "inacceptables" les déclarations de l'ambassadeur de France, qui selon elle, a "fait le procès" et "violé la présomption d'innocence" des Français emprisonnés avant même qu'ils aient été inculpés. Reporters sans frontières a exigé que Paris se bouge pour les journalistes emprisonnés. Un des avocats de l'ONG a raillé un gouvernement français "ligoté" par la volonté du Tchad de faire de cette affaire "une monnaie d'échange" diplomatique. Le socialiste François Hollande a sommé le gouvernement de "ne pas s'installer sous la pression" d'un Idriss Déby qui "instrumentalise cette situation inacceptable". Des éditorialistes, enfin, ont dénoncé les "courbettes ostentatoires" de Paris devant N'Djamena et ont regretté le fait que la diplomatie française ait fait "servilement écho" aux propos d'un Président tchadien soupçonné "de surjouer l'indignation".

La Libre Belgique - Mis en ligne le 30/10/2007

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"Kiro et Luna", future "arche de Zoé" du Darfour vers la Belgique


Le pendant belge de L'Arche de Zoé ne croit pas aux accusations dont est l'objet son homologue français.
Son président hésite à présent à poursuivre l'aventure, annonçant une période de remise en question.


"Je continue d'accorder toute ma confiance aux responsables de L'Arche de Zoé !" Refusant d'accorder le moindre crédit aux accusations de trafic d'enfants qui depuis leur arrestation jeudi au Tchad, frappe les membres de L'Arche de Zoé, le président de l'association belge "Kiro et Luna", Jacques Duquesne, réitère son soutien à ses homologues français. "Je suis persuadé qu'ils ont fait du bon travail sur le terrain et qu'on a affaire à une manipulation de l'information."

Association de fait constituée de manière un peu artisanale, "Kiro et Luna" était déjà depuis fin juillet dans le collimateur de l'Autorité centrale communautaire (ACC), le service de la Communauté française compétent en matière d'adoption, par la présence de ses membres sur des forums de discussion, et par celle, sur le site Internet fraîchement créé de l'association, d'appels à famille d'accueil pour petits orphelins du Darfour. L'ACC soupçonne une manoeuvre de contournement de la législation en matière d'adoption et contacte par deux fois les gestionnaires du site pour les mettre en garde et leur proposera un rendez-vous. En vain. Car les responsables de "Kiro et Luna" ne donneront jamais suite à ces invitations. Le service Adoption de la Communauté française décide alors d'informer le parquet de Mons, d'une part, du risque d'un hasardeux déplacement d'enfants en provenance d'une zone de conflit particulièrement sensible et d'autre part, de ses soupçons à l'égard de "Kiro et Luna", de vouloir s'improviser organisme intermédiaire d'adoption sans être aucunement agréé pour se faire.

Un rendez-vous avec l'ACC sera finalement fixé au 31 octobre. Mais entre-temps, surviennent les évènements de jeudi dernier qui viennent littéralement ébranler les membres de "Kiro et Luna", alors présents en nombre à l'aéroport de Vatry pour assister à l'arrivée sur le sol français des 100 petits orphelins. "Nous étions là en tant qu'observateurs dans le seul but de nous inspirer de l'action des Français, explique Jacques Duquesne. Aucune famille belge présente à l'aéroport jeudi ne devait ramener d'enfant avec elle."

Si l'idée fondatrice de "Kiro et Luna" était au départ de constituer le pendant belge des familles d'accueil de L'Arche de Zoé, de nombreux obstacles législatifs - parmi lesquels la Convention de Dublin et l'impossibilité en Belgique d'adopter un enfant en "filière libre" comme c'est par contre le cas en France - eurent très vite raison de cette idée. Les fondateurs de l'association nourrirent donc le projet de pouvoir un jour organiser une opération de "sauvetage" similaire à celle que devait mener la semaine dernière au Tchad L'Arche de Zoé pour devenir, à terme, une structure organisée d'accueil en famille de mineurs non-accompagnés étrangers en Belgique. "Tous ces projets sont à présent remis en question", explique Jacques Duquesne qui annonce une période de remise en question. L'aventure de "Kiro et Luna", association de fait n'ayant même pas encore déposé ses statuts pour devenir une ASBL, pourrait donc être laissée pour morte avant même d'avoir eu le temps de voir le jour.

"Tous les organismes humanitaires présents sur le terrain s'accordent pour dénoncer le danger de déplacer des enfants dans de telles zones", explique Didier Dehou, directeur de l'ACC. "Cette affaire nous rappelle combien il convient d'être extrêmement vigilant et prévenir tant que possible ces grandes croisades humanitaires inconscientes !" Et Didier Dehou de rappeler l'exemple du Rwanda où nombre d'enfants avaient à l'époque, dans la plus grande confusion, été évacués vers l'Europe, élevés et adoptés dans des familles européennes avant que l'on ne leur découvre bien plus tard, des familles qui les réclamaient au pays. "Des situations intenables qu'il convient de prévenir tant que faire se peut !"

La Libre Belgique, 30/10/2007

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Le pilote belge fixé sur son sort jeudi


Le pilote belge retenu en garde à vue depuis dimanche au Tchad dans le cadre de la tentative de transport de 103 enfants vers la France devrait être fixé sur son sort jeudi, a indiqué mardi à l'agence BELGA le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht. Le régime de garde à vue auquel ce pilote, Jacques Wilmart, est soumis à N'Djamena peut être prolongé deux fois 48 heures, après quoi le procureur tchadien devra se prononcer sur son sort.

La Belgique ne disposant pas d'une ambassade au Tchad, le pilote est actuellement assisté sur le plan consulaire par la France, avant l'arrivée jeudi d'un consul honoraire belge, a précisé M. De Gucht, interrogé en marge d'une conférence à Bruxelles sur les sous-munitions.

Le ministre des Affaires étrangères souligne que M. Wilmart n'appartient pas à l'organisation l'Arche de Zoé et qu'il n'était habilité qu'à effectuer des transports à l'intérieur de la région. "On ne peut pas partir du fait qu'il était au courant du but final de l'opération", a souligné M. De Gucht, qui dit attendre des rapports plus circonstanciés - notamment de l'Unicef - avant de se prononcer plus avant sur le dossier.

La Libre Belgique - Mis en ligne le 30/10/2007

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Des "orphelins" sont tchadiens avec des parents tchadiens


Les agences humanitaires ont mené ces derniers jours une enquête difficile sur l'origine de ces enfants et leur statut familial.


Les 103 enfants que l'association l'Arche de Zoé a tenté d'embarquer en France à Abéché (est du Tchad) sont en majorité "tchadiens avec des parents tchadiens" et non des orphelins du Darfour (Soudan).

Les 103 enfants que l'association l'Arche de Zoé a tenté d'embarquer en France à Abéché (est du Tchad) sont en majorité "tchadiens avec des parents tchadiens" et non des orphelins du Darfour (Soudan), a déclaré mardi un conseiller du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

"Il s'agit en majorité, et vous verrez que ce sera confirmé par les organisations internationales, des enfants tchadiens avec des parents tchadiens au Tchad", a déclaré le conseiller spécial du ministre des Affaires étrangères, Eric Chevalier, à RTL.

"Vous verrez très rapidement arriver des chiffres, dont je ne peux pas donner la teneur parce qu'ils ne sont pas confirmés définitivement, mais qui montrent clairement que la plupart des enfants sont des enfants tchadiens, que la plupart de ces enfants ont des parents", a-t-il souligné.

De son côté, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a déclaré à la presse que "selon de premières informations, il y aurait beaucoup d'enfants tchadiens et beaucoup ne seraient pas orphelins". L'association française l'Arche de Zoé affirme avoir voulu "sauver" des "orphelins" du Darfour, région du Soudan voisin, en proie à une guerre civile. Elle assure que des chefs de tribu lui avaient garanti que ces enfants venaient bien du Darfour et avaient perdu leurs parents.

Depuis qu'ils ont été "récupérés" jeudi par la police tchadienne, puis transférés à l'orphelinat d'Abéché, les enfants assistent, parfois apeurés, à un défilé incessant d'autorités, de diplomates et de journalistes. Les agences humanitaires ont mené ces derniers jours une enquête difficile sur l'origine de ces enfants et leur statut familial.


La Libre Belgique, Mis en ligne le 30/10/2007

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Les organisations ignorent si les enfants sont orphelins


Les organisations humanitaires "ignorent pour le moment" si les 103 enfants de l'affaire de l'Arche de Zoé au Tchad "sont ou non orphelins et d'où ils viennent", a indiqué mardi matin à Genève une porte-parole de l'Unicef. Des membres du Comité international de la Croix Rouge (CICR) "interrogent un par un les enfants" à Abéché (Tchad), a indiqué la porte-parole de l'Unicef Véronique Taveau lors d'un point de presse.

"Pour le moment, nous ne savons pas si les enfants sont ou non des orphelins, et nous ne savons pas d'où ils viennent", a-t-elle déclaré. Le CICR mène des entretiens "avec les enfants les plus âgés pour savoir d'où ils viennent", a confirmé une porte-parole de la Croix Rouge internationale, Anna Schaaf.

"Les enfants sont interrogés un par un dans un contexte qui se veut le plus favorable aux enfants pour parvenir à les mettre en confiance et recueillir les informations nécessaires", a précisé la porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l'enfance.

L'Unicef et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) "assistent sans intervenir" au travail du CICR, a encore indiqué Mme Taveau. "Une fois les entretiens terminés et les informations vérifiées, c'est le gouvernement tchadien qui rendra publiques les informations recueillies", a-t-elle ajouté.

La Dernière Heure Mis en ligne le 30/10/2007

Gepost door: Jacqueline | 02-11-07

Arche de Zoé : les journalistes et les hôtesses de l'air libérés ont quitté le Tchad

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.11.07


Deux heures à peine après l'annonce de leur libération par la justice tchadienne, les trois journalistes français et les quatre hôtesses de l'air espagnoles inculpés au Tchad dans l'affaire de L'Arche de Zoé se sont envolés vers Paris, dimanche 4 novembre, à bord de l'avion militaire qui a amené Nicolas Sarkozy à N'Djamena.
En milieu de journée, l'avocat des trois journalistes – Marc Garmirian (Capa), Jean-Daniel Guillou (Synchro X) et Marie-Agnès Peleran (France 3 Méditerranée) – avait fait part de la décision du juge tchadien en charge de l'affaire de "lever le mandat de dépôt" concernant ses trois clients, ainsi que les quatre hôtesses de l'air espagnoles – Sara Lopez, Carolina Jean, Mercedes Calleja et Tatiana Suarez.

Au même moment, le président français Nicolas Sarkozy arrivait dans la capitale tchadienne, accueilli par son homologue Idriss Déby Itno, qui avait "souhaité" jeudi que la justice face la différence entre les membres de L'Arche de Zoé, qui risquent toujours de cinq à vingt ans de prison, et les personnes extérieures à l'association.

"LES RELATIONS ENTRE LE TCHAD ET LA FRANCE SONT AU BEAU FIXE"

Le temps pour les sept personnes libérées de rassembler leurs effets personnels et de se rendre à l'aéroport, les deux présidents ont tenu une conférence de presse commune, dans laquelle ils se sont empressés d'affirmer, selon les mots de M. Sarkozy, que "les relations entre le Tchad et la France sont au beau fixe". Surtout, le président français a tenu à assurer que "cette équipée assez lamentable [menée par L'Arche de Zoé] n'a rien à voir avec le déploiement de la force européenne à la frontière avec le Soudan".

Le chef de l'Etat français s'est gardé de se prononcer sur la culpabilité des six membres de l'association impliqués dans l'opération mais a estimé que l'on était en présence d'une "association qui a mal agi". Il a aussi rappelé que les accords entre Paris et N'Djamena permettaient que ces personnes soient jugées aussi bien au Tchad qu'en France, évitant de donner sa préférence. "La justice tchadienne va discuter avec la justice française pour voir comment trouver le plus rapidement possible, en terme de semaines, une issue qui respecte la justice tchadienne et qui donne toutes les garanties à l'ensemble des acteurs", a-t-il dit.

L'avion présidentiel est attendu dimanche soir à Paris, après une escale à Madrid. Le sort des trois autres membres de l'équipage espagnol demeure incertain, tant en ce qui concerne le stewart Daniel Gonzalez que le commandant de bord Agustin Rey et le co-pilote Sergio Munoz.

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Manifestation de soutien à Paris aux membres de L'Arche de Zoé

Environ 300 personnes ont manifesté, dimanche après-midi à Paris, pour exprimer leur "soutien aux ressortissants européens détenus au Tchad" et réclamer le "rapatriement de l'équipe". Le cortège silencieux, composé de familles qui souhaitaient accueillir des enfants du Darfour et de proches des personnes retenues au Tchad, a défilé entre la place de la Bastille et le Cirque d'hiver.
"Je suis en colère, je ne comprends pas qu'elle soit en prison" a expliqué Jeannine Lelouch, la mère d'Emilie Lelouch, retenue au Tchad. "Nous voulons le retour de tous les ressortissants, pas seulement les journalistes", a-t-elle ajouté. Une fleur blanche à la main, Emilie Soubieux, mère de famille et candidate pour recevoir un enfant du Darfour, était venue de la région Centre, "pour donner un autre son de cloche". "L'association a toujours été claire, il s'agissait de sauver des enfants et, en aucun cas, elle n'a parlé d'adoption". Les manifestants, dont beaucoup portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Leur grand coeur les a perdus" ou encore "Faites rentrer nos familles", se sont dispersés après deux heures de marche silencieuse. - (Avec AFP.)

Gepost door: Jan Boeykens | 05-11-07

Du mensonge à la faute
Arche de Zoé : du mensonge à la faute

LE MONDE


L'importance prise par l'affaire de L'Arche de Zoé et l'extrême confusion qui l'entoure ne tiennent pas seulement aux errements de ses membres, amateurs armés de simplismes, fourvoyés dans une situation complexe. Elles sont également liées à une question de fond, celle du sens donné aux événements qui se déroulent dans le cadre de la guerre civile au Darfour, menée par le gouvernement et ses milices contre des groupes rebelles et la population.



En affirmant vouloir sauver des "orphelins du Darfour", bien que les enfants qu'elle s'apprêtait à embarquer à bord d'un avion fussent majoritairement dotés d'un parent et plutôt originaires du Tchad que du Soudan, L'Arche de Zoé a fait la démonstration qu'elle estimait pouvoir s'affranchir du respect de la vérité.

Cette liberté est à rattacher avec la perception de l'organisation, qui rejoint une mouvance de groupes d'activistes - en France, l'organisation Urgence Darfour, ou, aux Etats-Unis, la coalition Save Darfur, entre autres -, selon lesquels un génocide aurait lieu au Darfour, amenant à justifier toutes les actions pour en sauver les victimes. Ce qui conduit des sapeurs-pompiers bénévoles à se transformer en kidnappeurs d'enfants comme sans doute ici, dans cette atmosphère que dénonce Rony Brauman, cofondateur de Médecins sans frontières, lorsqu'il dénonce "la responsabilité morale" de personnalités comme Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy.

Y a-t-il un génocide en cours au Darfour, c'est-à-dire une élimination méthodique des ethnies décrites comme "africaines", afin de faire place à des groupes "arabes" ? L'assertion, soutenue par le président américain George Bush, et que des groupes d'experts, notamment de l'ONU, ont réfutée, constitue déjà une dérive.

L'extrême violence des attaques orchestrées par le gouvernement soudanais et ses milices, en quatre années de guerre civile, n'a été liée à aucune volonté identifiée d'organiser une "solution finale" pour les populations noires, dont certaines collaborent avec les forces gouvernementales. Cela n'empêche pas L'Arche de Zoé d'affirmer sur son site Web que "la réalité incontournable et accablante (...) laisse bien peu d'espoir de survie aux populations du Darfour". Affirmant que, "dans quelques mois, des milliers d'enfants vont mourir", l'association promet d'arracher des enfants à "l'extermination".

Les responsables de L'Arche de Zoé sont allés plus loin dans la prise de liberté avec les faits. L'association avait "emprunté" des cartes de l'ONU en travestissant leurs légendes. Elle a cité des chiffres de mortalité infantile présentés comme des informations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - de loin l'organisation la plus efficace au Darfour - en leur faisant subir une "inflation" qui les rendait "grossièrement faux", selon une source du CICR. Ce dernier a obtenu que les manipulations au sujet de ses noms, de ses logos et de ses rapports disparaissent du site de L'Arche de Zoé. L'étendue de la crise au Darfour n'a pas besoin de ce type d'inflation. Outre que ces supercheries en série disqualifient une démarche fondée sur la morale, elles ont aussi pour effet d'instaurer une confusion dangereuse. Des dérapages de cette sorte ont déjà été sanctionnés par la justice. En août, des organisations regroupées autour de Save Darfur avaient lancé dans la presse, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, une campagne affirmant que le conflit dans l'ouest du Soudan avait fait 400 000 morts. Cette campagne a été condamnée, par les tribunaux britanniques, pour publicité mensongère.

L'estimation qui fait autorité émane du Center for Disease Control and Prevention, à Atlanta, aux Etats-Unis, selon lequel, entre septembre 2003 et juin 2005, on aurait compté 158 000 morts au Darfour, soit une augmentation de 131 000 personnes par rapport à la période d'avant-guerre civile. Fin 2007, ce chiffre s'établit à environ 200 000, dont 70 % sont dus à la dégradation dramatique des conditions de vie.

Entre 200 000 et 400 000 morts, il ne s'agit pas d'une querelle de chiffres. Une autre distorsion consiste à affirmer qu'au Darfour les pays étrangers se payent de mots, sans jamais "agir", récidivant dans la passivité coupable qui avait permis aux autorités du Rwanda d'accomplir le génocide des Tutsis en 1994. Les manieurs de machettes y ont effectivement tué près d'un million de personnes en cent jours sans en être empêchés. La France, pays ami du Rwanda d'avant le génocide, s'y est même compromise. Mais au Darfour, inversement, la réponse internationale a été d'une ampleur inédite.

La plus importante opération humanitaire au monde a été mise en place dans l'ouest du Soudan. Il y avait 200 travailleurs humanitaires au Darfour en 2004, il y en a aujourd'hui 10 000. Après les vagues d'attaques de 2003-2004 de l'armée soudanaise et de milices "janjawids" sur les villages d'ethnies "non arabes", la catastrophe semblait imminente, alors que les survivants de ces attaques risquaient de mourir de faim ou de maladies. Ils ont été sauvés par cette intervention humanitaire, à laquelle participent l'ONU et 80 ONG, financées en partie par des gouvernements. A lui seul, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni 53 000 tonnes de nourriture au Darfour en septembre et permet à 120 000 enfants de bénéficier de programmes de nourriture à l'école. En contradiction avec les descriptions apocalyptiques de L'Arche de Zoé, le taux de scolarisation des enfants a augmenté de manière inédite dans l'ouest du Darfour depuis le début du conflit.

Le déploiement humanitaire est naturellement impuissant à résoudre la crise. Il a également d'inévitables effets pervers, en premier lieu celui d'avoir donné naissance à de gigantesques camps de déplacés aux abords des villes du Darfour. Pendant que les alliés du gouvernement soudanais menacent de voler les terres des absents, les camps se transforment en sanctuaires pour les rebelles, entraînant des explosions de violence entre factions.

C'est dans ce cadre que doit bientôt se déployer au Darfour la plus importante mission de maintien de la paix de la planète, une force commune des Nations unies et de l'Union africaine (UA) de 26 000 hommes, dont le principe a été arraché aux autorités de Khartoum au terme de pressions internationales soutenues. Cette force prendra le relais de la mission de l'Union africaine, paralysée sur le terrain. Et il est évidemment impossible d'affirmer à l'avance qu'elle sera inefficace à endiguer la crise du Darfour, compte tenu de l'intérêt international pour son déploiement.

Jean-Philippe Rémy
Article paru dans l'édition du 04.11.07.

Gepost door: Jacqueline | 05-11-07

Les responsables de l’Arche de Zoé ont «menti à tout leur staff»
Marc Garmirian, journaliste de Capa libéré hier après onze jours de captivité au Tchad, affirme que les responsables de l’association n’ont jamais «affiché l'objectif final de leur opération, ni à leur personnel, ni aux gens qui leur ont confié les enfants, ni aux enfants eux-mêmes.»

LIBERATION.FR : lundi 5 novembre 2007

Les responsables de l'association française l'Arche de Zoé ont «menti à tou leur staff» sur leur objectif d'évacuer 103 enfants du Tchad vers la France, affirmé aujourd’hui l'un des trois journalistes français libérés hier.


Marc Garmirian, journaliste de l'agence de télévision Capa, qui a été détenu pendant onze jours au Tchad, s'est aussi dit «frappé» par «la conviction, la détermination et l'état d'esprit» des responsables de l'Arche de Zoé, «convaincus de faire le bien».

«Ils avaient plus de 100 personnes travaillant pour eux. Jamais ils n'ont affiché l'objectif final de leur opération, ni à leur personnel, ni aux gens qui leur ont confié les enfants, ni aux enfants eux-mêmes», explique-t-il. «Ils ont quand même menti à tout leur staff», a-t-il ajouté.

Pour Eric Breteau (le président de l'association), relève-t-il, «le point de départ, c'est la convention de Genève de 1951 qui justifie le sauvetage d'enfants menacés. Pour lui, ça justifie tout, ça justifie qu'on les sorte sans procédure administrative du Tchad».

«Malaise» et «questions»

Marie-Agnès Peleran, une autre journaliste qui vient d’être relachée, a fait quant à elle part de son «malaise» et de ses «questions» quant à l'opération.

Partie avec l'association sous «deux casquettes» - celle d'une candidate à l'accueil d'un enfant et celle de journaliste - elle a précisé qu'elle n'était pas membre de l'association, dans un entretien qu’elle a donné aujourd’hui à son employeur France 3 Méditerranée dont elle était en congé sans solde.

Une fois sur place «mon malaise a été grandissant par rapport à différentes questions qui se posaient et que j'ai posées aussi aux responsables de l'organisation. En même temps, j'avais aussi envie de suivre l'aventure jusqu'au bout», a-t-elle dit.

Mais «on ne pouvait pas en si peu de temps avoir des certitudes sur le fait que ces enfants étaient orphelins ou pas», et «la principale erreur de cette association était de considérer que la fin justifiait les moyens sans penser que les moyens conditionnent la fin», a-t-elle précisé sur la chaîne France 3. Marie-Agnès Peleran a fait part de son «inquiétude» pour les membres de l'association demeurés au Tchad et a assuré qu'ils avait «beaucoup de remords» sur cette affaire.

Marc Garmarian et Marie-Agnès Peleran font partie des trois journalistes français inculpés de complicité par la justice tchadienne dans l'affaire de l'Arche de Zoé mais ramenés dimanche soir du Tchad par le président français Nicolas Sarkozy.

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Sur le même sujet:

- Arche de Zoé : «petit dysfonctionnement» entre la Défense et le Quai d’Orsay
- A N’Djamena, une procédure judiciaire sous pression

Gepost door: Claude | 06-11-07

Les propos de Nicolas Sarkozy provoquent un tollé au Tchad Arche de Zoé : Le président de L'Arche de Zoé refuse d'être traité de "criminel"

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
Mis à jour le 06.11.07 | 20h12

Alors que les autorités françaises se contentaient jusqu'à présent de demander un jugement en France des personnes inculpées au Tchad, dans le cadre de l'affaire de L'Arche de Zoé, Nicolas Sarkozy a franchi un palier supplémentaire, mardi 6 novembre, en annonçant haut et fort son intention d'aller "chercher tous ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait", ajoutant que"le rôle du chef de l'Etat est de prendre en charge tous les Français".

Dans un entretien au journal Sud Ouest du 6 novembre, Eric Breteau, le président de L'Arche de Zoé, clame son innocence et dit ne pas comprendre les raisons de sa détention. "La seule chose que j'ai faite, c'est que j'ai voulu sauver des enfants qui sont dans la détresse. Aujourd'hui, on parle de moi comme d'un criminel, alors que je suis le seul à avoir essayé de faire quelque chose pour le Darfour", déclare-t-il. L'homme incrimine les journalistes, qu'il juge "pas très sérieux dans [leur] manière de couvrir cette affaire".

Ces propos ont provoqué un tollé au Tchad. Le président Idriss Déby Itno lui a répondu que la justice se ferait "au Tchad" estimant qu'il n'était "pas question pour le moment" d'extrader les six Français. Cette extradition a d'ailleurs été jugée "impossible" par l'avocat de l'Etat tchadien, au regard de la convention de 1976 qui lie les deux pays. "Un des articles de la convention, l'article 49-C, indique que 'l'extradition est refusée quand une infraction est commise en tout ou en partie sur le territoire de l'Etat requis', en l'espèce le Tchad ", a expliqué Me Philippe Housseini, à la presse, lors d'une "mise au point" après les déclarations du président français."Par conséquent nous renvoyons les autorités françaises à une bonne lecture de l'article 49", a-t-il conclu.

"QU'ILS GOÛTENT À NOS PRISONS"

"Ce n'est pas le président Sarkozy qui décidera", avait un peu plus tôt rétorqué le ministre de la justice tchadien, Albert Pahimi Padacké, en jugeant la déclaration du président français "inopportune". "Elle semble reléguer à l'arrière-plan le judiciaire. Si cela est possible en France, malheureusement cela n'est pas possible au Tchad. C'est les juges qui décident ici, ce n'est pas le président Nicolas Sarkozy qui décidera ce que fera la justice tchadienne", a-t-il poursuivi.

Ces déclarations viennent renforcer celles du ministre de l'intérieur tchadien qui n'a pas hésité à lancer à propos des "bandits" de L'Arche de Zoé : "Qu'ils goûtent à nos prisons !". Dès lors que "les faits ont été commis au Tchad, (...) ils doivent aussi purger leur peine dans le pays", a expliqué Ahmat Mahamat Bachir dans Le Parisien. "Nous avons une justice compétente, et un procès en France constituerait une insulte pour le peuple tchadien. (...) Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici", insiste M. Bachir, avant de conclure : "Et une fois qu'ils auront purgé leur peine, nous les expulserons du pays une bonne fois pour toutes."

Gepost door: Claude | 07-11-07

Le désarroi des familles d'accueil Un pavillon en meulière entouré d'un petit jardin, dans une rue tranquille de Pontault-Combault, à 25 kilomètres de Paris : c'est là qu'aurait pu habiter Abdel, 6 ans et demi, 1,12 m, "orphelin du Darfour" - si l'on se fie aux renseignements envoyés à la dernière minute par L'Arche de Zoé à la famille Rieutord, candidate pour accueillir l'un des enfants regroupés au Tchad.


Jean, conseiller en formation professionnelle, son épouse Claire, institutrice, et leurs trois enfants, Pauline, 17 ans, Juliette, 13 ans, et Louis, 9 ans, avaient tout préparé. Louis et le nouveau venu allaient partager la grande chambre du premier étage, tandis que les parents se contenteraient d'une pièce plus petite : "On se disait que ce serait dur, se souvient Claire, que cet enfant aurait des problèmes, mais on se sentait capables de le rendre heureux." Pour Jean, "c'était une occasion unique de sortir du comportement banal de l'Occidental moyen qui se contente de verser un peu d'argent à une ONG. Nous pouvions agir vraiment."

Les deux époux avaient envisagé tous les scénarios : "On se disait : si un jour la paix revient au Soudan et que des proches le réclament, il rentrera. Ce sera un crève-coeur, mais on se fera une raison." Mais si la guerre se prolongeait, ils pourraient engager les démarches pour lui obtenir la nationalité française, et pourquoi pas, pour l'adopter : "Au pire, si les services sociaux ne nous jugeaient pas aptes à le garder, il serait quand même mieux en France, dans une autre famille, que dans un pays en guerre."

Pour les Rieutord, l'aventure commence en mai. Après avoir entendu parler de L'Arche de Zoé à la radio, les enfants vont sur le site Internet de l'association pour en savoir plus. Ils découvrent un projet généreux et excitant : trouver des orphelins abandonnés au Darfour, promis à une mort certaine, et les transporter en France, à l'abri. La famille prend sa décision en deux jours. Claire téléphone à Eric Breteau, le chef de L'Arche de Zoé, qui l'invite à une réunion.

Au fil des contacts, les Rieutord sont séduits par Eric Breteau : "C'est un homme grand et costaud, explique Pauline, la fille aînée ; il a de la prestance, il parle bien. Il sait aussi écouter les autres. Ce n'est pas du tout un illuminé." Jean est sensible à la force émanant du couple formé par Eric Breteau et son amie Emilie Lelouch : "Eric et Emilie côte à côte, lui si fort, elle si jolie, et tous les deux si audacieux, cela avait une dimension romanesque, très attirante." Puis L'Arche de Zoé remet à la famille une "charte" : l'association s'y engage à ne violer aucune loi et à ne jamais mettre les enfants en péril. Jean se met à étudier le "Guide pratique de la demande d'asile".

En septembre, Eric Breteau rentre d'un voyage au Darfour. Il organise une réunion à Valence (Drôme) et annonce aux familles que l'opération entre dans sa phase concrète. Les Rieutord sont ravis : "Nous étions près de 600 dans la salle. Nous étions assis à côté d'universitaires, d'un fonctionnaire travaillant au Sénat, des gens sérieux. Il y avait une dynamique de groupe, tout semblait possible."

Eric Breteau avertit les familles que cette opération "atypique" sera probablement critiquée par les autres ONG et par une partie de l'opinion et que, désormais, la discrétion est de rigueur. Mais il fait aussi des déclarations ambiguës laissant entrevoir une possible face cachée de l'opération : "Sur le ton de la rigolade, il a dit qu'une personne ayant ses entrées à l'Elysée se trouvait dans la salle."

Certains parents se mettent à échafauder une théorie rassurante : le gouvernement français soutiendrait le projet en sous-main, mais ne pourrait pas faire de déclarations officielles, pour des raisons diplomatiques. Avec le recul, Jean s'étonne de sa propre naïveté : "On imaginait que Sarkozy voulait d'une part mener une politique dure en matière d'immigration, mais que d'autre part, il avait envie de montrer son grand coeur à l'occasion d'une opération exceptionnelle." Cette croyance est renforcée par la passivité des pouvoirs publics. En bonne fonctionnaire, Claire est persuadée que, si l'Etat était opposé à l'opération, il contacterait les familles pour les mettre en garde : "Or, il n'y a rien eu. J'ai écrit à mon inspecteur d'académie pour demander un congé exceptionnel, en expliquant clairement l'opération. J'ai reçu une réponse favorable."

Jean va plus loin : "Si j'avais vu apparaître un képi, reçu un courrier d'avertissement, j'aurais arrêté immédiatement." Il souligne aussi les ambiguïtés des hommes politiques : "Quand Kouchner a proclamé qu'il fallait établir des corridors humanitaires au Darfour, j'y ai vu un encouragement."

L'Arche de Zoé incite les familles à créer leur propre association, chargée de rassembler l'argent nécessaire. Les Rieutord versent d'abord 1 400 euros, puis on leur demande une rallonge de 800 euros. Jean paie sans broncher : "Notre entourage nous a aidés. Tous nos proches nous approuvaient. Enfin... presque."

Il y a pourtant une voix discordante. Etienne Pouchelet, 30 ans, l'ami de Pauline, se méfie de cette aventure : "A priori, j'aurais dû être pour, car je suis moi-même un enfant adopté, né au Liban et recueilli tout petit par une famille française. Et pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher de trouver cette affaire rocambolesque, incompréhensible. Ce Breteau me semblait bizarre, le côté commando de l'équipe me dérangeait. Leur site Internet était excessif, très agressif contre les autres ONG, accusées d'être nulles ou complices. C'était malsain."

Jean reconnaît à présent qu'il se posait parfois des questions. Un jour, il a demandé à Eric Breteau comment il comptait faire décoller un avion rempli d'enfants s'il n'avait pas les autorisations : "Il m'a répondu que si ça n'avait encore jamais été fait, c'est parce que personne n'avait encore eu la volonté de le faire. Voilà."

Inquiet, Etienne décide de mener son enquête : "Sur le site du ministère des affaires étrangères, L'Arche de Zoé n'était ni agréée ni même citée." Il tente de dissuader les Rieutord : "Je me suis disputé avec Pauline à cause de ça. Un jour, elle en a pleuré. Elle croyait à fond à ce projet, elle était blessée par mes critiques. Après ça, on évitait le sujet, de peur que ça dégénère."

Quand, le 24 octobre, les Rieutord reçoivent un appel leur annonçant qu'ils ont été sélectionnés comme famille d'accueil et que l'avion arrive le lendemain, le bonheur de sauver la vie d'un enfant balaie tous les doutes. Jean prévient son entreprise qu'il prend une semaine de congés. Pour Claire, ça tombe bien, ce sont les vacances scolaires. Même Etienne est solidaire. Il accompagne les Rieutord à l'aéroport et, comme eux, passe la nuit sur place à attendre. En vain.

Les jours suivants, face à l'avalanche de révélations catastrophiques sur la réalité de l'opération, les Rieutord sont d'abord incrédules. Aujourd'hui, ils se disent effondrés et n'arrivent plus à se faire une opinion : "Nous avons été bernés", soupire Jean, mais Claire le corrige : "Non, nous nous sommes bernés nous-mêmes."

Malgré tout, dimanche, les époux Rieutord sont allés place de la Bastille, à Paris, pour la marche de solidarité organisée par les familles des Français de L'Arche de Zoé détenus au Tchad.

Yves Eudes

LE MONDE | 05.11.07 | 13h47 Mis à jour le 06.11.07 |

Gepost door: Claude | 07-11-07

La colère des parents des "orphelins" A Abéché, l'indignation et la colère des parents des "orphelins" de L'Arche de Zoé

Sans hésiter, sur une photo publiée en "une" du Monde, Abderhamane Idriss pointe deux visages : celui d'Emilie Lelouch, la compagne d'Eric Breteau, responsable de L'Arche de Zoé, connue ici sous le nom de Children Rescue, et celui d'un blond barbu surnommé "Pépé". Abderhamane en est sûr : ces deux-là sont venus chez lui, à Gilané, lorsqu'il a été question d'envoyer ses trois enfants, Noura, 3 ans, Ibal, 5 ans et Yaya, 6 ans, à l'école d'Adré, à 10 km de sa maison de pisé.



Ils ont peu parlé. C'est l'imam du village, très respecté, qui a mené la discussion et a réussi à convaincre Abderhamane, 28 ans, pauvre cultivateur de mil et d'arachide, de donner leur chance à ses trois petits. Ils allaient apprendre le français, l'arabe et, surtout, recevoir une éducation coranique. Quelques jours plus tard, les trois enfants étaient transférés à Abéché, sous prétexte que l'école d'Adré n'était pas sécurisée. En fixant le journal, Abderhamane paraît sidéré, dépassé par la situation. Noura, Ibal et Yaya font sûrement partie des 103 prétendus "orphelins" que les membres de L'Arche de Zoé s'apprêtaient à emmener en France, le 25 octobre, lorsque les policiers les ont arrêtés, pendant le couvre-feu, sur la route de la base aérienne militaire où les attendait un Boeing espagnol.

Abderhamane a entendu parler à la radio d'un "trafic d'enfants" et n'a pas hésité à se payer un voyage en pick-up jusqu'à Abéché pour 5500 francs CFA (8 euros). Depuis six jours qu'il est arrivé dans la capitale régionale, rongée par la misère et les guerres alentour, il n'a pas pu pénétrer dans l'orphelinat, où les 103 enfants se remettent de leurs émotions et livrent des fragments de leur histoire. Assis sur une natte, devant le centre social, il n'est pas seul à prendre son mal en patience. Une vingtaine d'hommes vêtus de djellabas et chèches blancs, les protégeant de la chaleur et du vent du désert, l'entourent. Ils dorment là, se nourrissent de très peu et espèrent.

PULSION ANTI-EUROPÉENS

Suleiman Haroun, 27 ans, recherche ses deux sœurs, Awatif, 7 ans, et Ikram, 5 ans, dont il est le tuteur, "captées" dans des circonstances identiques. "Deux Blancs et quatre Tchadiens m'ont abordé sur le marché; ils sont revenus deux fois", raconte-t-il. Arbab Haroun, 35 ans, vient de Chikata retrouver ses deux garçons, sa fille et ses deux neveux, âgés de 3 à 7ans. L'imam ne serait pas le seul à s'être entremis; Arbab cite le chef de son canton. Un patriarche de 70 ans au visage biblique sous sa chéchia rouge attend qu'on lui rende un garçon de 4 ans : son fils.

C'est peu dire que ces pères supposés sont choqués. La colère les suffoque. Pour les approcher, il faut affronter la pulsion anti-Européens qui a saisi une partie de la population et s'exprime, parfois, à l'encontre des ONG et de leurs 4×4 blancs qui pullulent à Abéché et font vivre la ville. Ils frémissent surtout d'indignation à l'idée que leurs enfants "exportés" donc "déracinés" auraient pu être christianisés et devenir des "nassaras" (nazaréens).

D'autres parents des 103 enfants ont eu plus de chance. Ils seraient une dizaine à avoir déjà pu pénétrer dans l'orphelinat. Senoussi Ahmat, journaliste à l'hebdomadaire local La Vérité, a été le témoin de scènes de retrouvailles bouleversantes qu'il a photographiées : embrassades, pleurs. Le doute de la parenté subsiste-t-il vraiment ?

Au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), au Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), on reste circonspect. "Il faudra s'entourer de toutes les garanties avant d'envisager de restituer des enfants reconnus par untel ou untel, insiste Annette Rehrl, du HCR, être désormais plus vigilants. Children Rescue s'est présentée comme une ONG offrant des services médicaux. Nous leur avons donné des tentes et un générateur…"

Dans son palais défraîchi, le gouverneur de la province, Touka Ramadan Koré, dit avoir nourri les premiers soupçons à l'égard de L'Arche de Zoé en constatant que ses dirigeants rechignaient à collaborer avec les services publics. "Ils ne venaient pas aux réunions de coordination des ONG, vivaient un peu en reclus", dit-il. Puis, à la veille du départ du charter pour l'exode, l'un de leurs auxiliaires tchadiens a parlé. D'où l'arrestation en flagrant délit.

Robert Belleret

LE MONDE | 05.11.07 | 10h42 • Mis à jour le 05.11.07 | 13h59

Gepost door: Claude | 07-11-07

"On s'est laissé entraîner, on a fermé les yeux..." Inévitablement, entrer dans la pièce ravive "les souffrances et le sentiment de trahison". Les "doudous" - une multitude d'animaux d'Afrique - sont partout. La chambre est fraîchement décorée. "Pour ce qui est du sexe de l'enfant, on avait indiqué aux responsables de L'Arche de Zoé que cela nous était indifférent, confie Cécile, 31 ans, assistance maternelle : le plus important, c'était l'enfant."



Cela fait un an et demi que Cécile et Flavian, domiciliés à Sainte-Luce-sur-Loire, près de Nantes, ont commencé un délicat parcours : celui de l'adoption. "On attend sous peu l'agrément du conseil général", précise le couple, qui redoute que l'affaire de L'Arche de Zoé ne pénalise son dossier. En juin, le couple navigue sur Internet et noue des contacts sur un forum consacré à l'adoption. Un lien est proposé, menant à L'Arche de Zoé. "L'association cherchait des familles d'accueil en vue d'adopter des enfants africains. Elle annonçait qu'elle souhaitait en évacuer 1 000 vers la France. Le projet était clair : les enfants concernés étaient tous orphelins, sans parents, ni oncle ou tante. Si cela n'avait pas été noté noir sur blanc sur les documents, on n'aurait pas marché..."

"ILS ONT MENTI"

Cécile et Flavian participent à une première réunion organisée à Paris, puis à une deuxième à Valence (Drôme). Ils engloutissent leurs économies, empruntent même à des proches, et versent 2 550 euros au total, sous forme de dons. "Quand on ne peut pas en avoir, un enfant a un prix, rappelle sobrement Flavian, afficheur monteur. Là, c'était moins cher que dans le cadre d'une procédure classique. Surtout, ça allait plus vite..." À Valence, dans une salle où se sont rassemblées 300 familles, Cécile et Flavian découvrent les images d'enfants du Darfour, "dépenaillés, un kalachnikov à la main. Sur certaines photos, on les voyait manger des feuilles. On s'est dit : on va sauver un enfant de la guerre. On s'est laissé entraîner, on était heureux, on a fermé les yeux..."

A rebours, le couple s'érige contre l'opération de L'Arche de Zoé : "On est effaré de voir qu'ils ont menti : selon les médias, certains enfants ont de la famille et ne sont pas originaires du Darfour." Pour eux, la peine est "terrible". "Ils ont joué avec nos sentiments et avec la vie de ces enfants", fustige Flavian. Le couple envisage de porter plainte, au sein d'un collectif, pour "abus de confiance".

Yan Gauchard
LE MONDE
Article paru dans l'édition du 06.11.07.


Gepost door: Claude | 07-11-07

Qui sont les six Français retenus au Tchad ? Après le voyage éclair de Nicolas Sarkozy au Tchad, dimanche, qui a permis de rapatrier les trois journalistes français et les quatre hôtesses de l'air espagnoles arrêtés dans le cadre de l'affaire de l'Arche de Zoé, il reste six ressortissants français – plus trois navigants espagnols, un pilote belge de 74 ans, Jacques Wilmart, et quatre Tchadiens – aux mains de la justice tchadienne.


L'accord franco-tchadien de 1976

Article 29 : "Si l'une ou l'autre partie en fait la demande, tout ressortissant de l'un des deux Etats condamné à une peine d'emprisonnement sera, sous réserve de son consentement, remis aux autorités de l'Etat dont il est ressortissant."

Article 30 : "Sont décidés, selon la législation de l'Etat où la peine est exécutée, sur avis de l'Etat dont relève la juridiction de condamnation, les réductions, ajournements, libérations et modalités d'exécution des peines."

Article 32 : "La grâce et l'amnistie sont de la compétence de l'Etat dont relève la juridiction de condamnation."

Article 43 : "Les parties s'engagent à se livrer réciproquement (…) les individus qui, se trouvant sur le territoire de l'un des deux Etats, sont poursuivis ou condamnés par les autorités judiciaires de l'autre Etat."

Article 44 : "Les parties n'extradent pas leurs nationaux respectifs", mais "la partie requise s'engage à poursuivre ses propres nationaux qui ont commis sur le territoire de l'autre Etat des infractions punies comme crime ou délit dans les deux Etats".

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Eric Breteau, 37 ans, est le fondateur et chef de file de L'Arche de Zoé. Pompier volontaire à Argenteuil (Val-d'Oise), il créa une première association au lendemain du tsunami de décembre 2004 en Asie. Charismatique et déterminé, selon ceux qui l'ont approché, "c'est un humanitaire pur, un homme qui n'a jamais pu rester passif quand il voit la misère et la souffrance autour de lui, il n'a pas d'autre motivation", expliquait son ex-épouse Agnès Breteau, lors de la manifestation de soutien, dimanche à Paris. "J'ai tout de suite vu que c'était un fonceur, qu'il irait jusqu'au bout", a confié au Monde, samedi, Dominique Gladin, médecin urgentiste à l'hôpital d'Argenteuil, rentré du Tchad deux jours avant l'arrestation de ses collègues.

Emilie Lelouch, 31 ans, artiste de cirque et ambulancière, est la compagne d'Eric Breteau, rencontré en Indonésie après le tsunami. Partageant ses convictions, elle est un élément-clé de l'affaire. "Tous les gamins transitaient par elle, témoigne Dominique Gladin. Elle était en contact direct avec les tribus et les responsables des camps qui lui amenaient des enfants. Elle constituait un petit dossier pour chacun, avec son nom, le nom de l'adulte qui l'avait amené, sa situation familiale, son village d'origine, etc. Ce sont des documents précieux. J'espère qu'ils referont surface. Ils permettront d'éclaircir beaucoup de choses." Ses parents la défendent bec et ongles : "Elle n'a pas à demander pardon, elle n'a écouté que son cœur."

Alain Péligat, 56 ans, logisticien de L'Arche de Zoé, est un ancien légionnaire, aujourd'hui formateur de chauffeurs routiers dans un lycée professionnel de Châlons-en-Champagne (Marne). "Papy" est unanimement apprécié de ses élèves, qui se sont mobilisés au côté de son épouse Christine. Les Péligat forment une famille recomposée de six enfants, dont trois filles (3, 6 et 11 ans) adoptées au Vietnam. "On ne peut pas nous dire que nous étions en mal d'enfants...", dit Christine Péligat.

Dominique Aubry, 50 ans, est lui-aussi sapeur-pompier volontaire, à Saint-Laurent-de-La-Cabrerisse et à Narbonne (Aude). Célibataire, sans enfants, ce retraité de l'armée de l'air a rencontré Eric Breteau lors d'une mission organisée en Asie par Pompiers sans frontières après le tsunami. Il avait informé du projet Tchad Daniel Esparza, le maire de Saint-Laurent, et des habitants du village. "Mon oncle s'est fait berner par les organisateurs", a affirmé à plusieurs médias une nièce de Dominique Aubry.

Philippe Van Winkerberg, 48 ans, médecin à Castellane (Alpes-de-Haute-Provence), et Nadia Merimi, infirmière, la benjamine de l'équipe, originaire de la Cité du Pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), étaient les deux soignants en poste au moment de l'arrestation par les Tchadiens. L'infirmière aurait ouvertement manifesté ses doutes quant à l'opération d'évacuation des enfants. La famille Merimi ne souhaite pas communiquer avec la presse, mais des amies de Nadia se mobilisent pour prendre sa défense.

Avant de rentrer du Tchad, dimanche, Nicolas Sarkozy a exprimé le souhait que "des ressortissants français puissent être jugés par la justice française" – en France, une information judiciaire visant les activités de L'Arche de Zoé a été ouverte le 24 octobre. Le président de la République, en présence de son homologue tchadien Idriss Déby, a cependant ajouté que cela ne pourrait se faire que "dans le cadre de l'accord franco-tchadien de 1976". Cet accord précise les formalités de l'entraide judiciaire entre les deux pays. L'article 29 stipule notamment que "si l'une ou l'autre partie contractante en fait la demande, tout ressortissant de l'un des deux Etats condamné à une peine d'emprisonnement ou à une peine plus grave sera, sous réserve de son consentement, remis aux autorités de l'Etat dont il est ressortissant".

Mais les familles et leurs avocats (ces derniers se rendront à N'Djamena ce mardi) espèrent obtenir un rapatriement des "six" avant qu'un procès ait lieu au Tchad, où la gravité des chefs d'inculpation – "enlèvement de mineurs", "escroquerie" – leur fait encourir entre cinq et vingt ans de travaux forcés. A ce stade, "il n'y pas encore de demande officielle d'extradition", a déclaré à l'AFP, hier, le ministre de la justice tchadien, Albert Pahimi Padacké.

Pascal Galinier
LE MONDE POUR MATINPLUS Mis à jour le 06.11.07 | 08h09

Gepost door: Claude | 07-11-07

Jean Miguel Petit déterminé à connaître toute la vérité sur l’affaire de l’Arche de Zoé
6 novembre 2007– Jean Miguel Petit Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le commerce des enfants, l’enfant dans la prostitution et la pornographie a appelé ce mardi, la France et le Tchad à faire toute la lumière sur les circonstances de l’enlèvement manqué des enfants par l’association Arche de Zoé, dans la région d’Abéché, au Tchad.

Jean Miguel Petit les exhorte à mettre tout en œuvre pour traduire en justice les coupables de violation des droits des enfants.

http://www.un.org/radio/fr/index.asp?d_month=13&d_year=2007

Gepost door: Claude | 07-11-07

Le ton monte entre Paris et le Tchad
NOUVELOBS.COM | 07.11.2007

La déclaration de Nicolas Sarkozy, affirmant qu'il irait chercher les membres de l'Arche de Zoé, a provoqué la colère de N'Djaména. "Tout cela dépend d'une décision des autorités judiciaires tchadiennes", précise David Martinon.


Le ton est monté, mardi 6 novembre, entre la France et le Tchad à la suite de déclarations de Nicolas Sarkozy sur le sort des membres de l'Arche de Zoé poursuivis au Tchad pour enlèvement d'enfants et escroqueries.
Lors d'une étape en Bretagne, en route pour Washington, le président français a déclaré qu'il irait chercher ces six hommes et femmes, comme il l'a fait dimanche pour trois journalistes français et quatre hôtesses de l'air espagnoles.
"J'irai chercher ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait", a-t-il dit. "Le rôle du président est de prendre en charge tous les Français."

"Inopportune"

Une déclaration aussitôt jugée "inopportune" par le ministre tchadien de la Justice, Albert Pahimi Padacket.
"Cette déclaration n'aura aucune conséquence sur la suite du dossier devant le juge", a-t-il déclaré.
Plus tard, le président tchadien Idriss Déby a déclaré à des journalistes qu'il ne jugeait pas nécessaire l'expatriation des membres de l'ONG. "La justice se fera ici au Tchad", a-t-il dit. "Il n'est pas question pour le moment que les juridictions tchadiennes se dessaisissent du dossier. Au contraire, les juridictions tchadiennes vont aller jusqu'au fond.
Il a souligné que l'opinion publique tchadienne était "très sensible à cette question" et qu'il fallait "respecter la souveraineté" et la justice du Tchad.
"Les faits ont été commis au Tchad. C'est pourquoi ces bandits doivent être jugés et condamnés ici. Ils doivent aussi purger leur peine dans le pays", a pour sa part fait valoir le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique tchadien Ahmat Mahamat Bachir, dans un entretien publié par Le Parisien.
A la suite de ces déclarations, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a fait une mise au point à Washington, où il accompagne Nicolas Sarkozy.
"Le président a redit ce qu'il a dit à N'Djamena, à savoir que sa préférence allait à ce que les détenus, notamment français, soit jugés plutôt en France", a déclaré David Martinon. "Pour autant, ce qu'il a dit à N'Djamena, et c'est ce qu'il a sous-entendu aujourd'hui, c'est que, bien évidemment, tout cela dépend d'une décision des autorités judiciaires tchadiennes. Ça ne peut pas se comprendre autrement."
Prié de dire si Nicolas Sarkozy irait chercher les membres de l'ONG au Tchad si les autorités tchadiennes donnaient leur feu vert, il a répondu : "Pas nécessairement. Mais ce que nous souhaitons c'est que le dialogue qui s'est engagé entre la justice tchadienne et la justice française se prolonge dans les meilleures conditions, en application des accords bilatéraux passés, pour que la lumière puisse être faite sur cette affaire entre deux justices indépendantes."

Dix Européens

Au total, dix Européens - les six membres français de l'Arche de Zoé, trois membres d'équipage espagnols et le pilote belge qui devait ramener en France 103 enfants africains - sont inculpés et écroués au Tchad.
Nicolas Sarkozy et la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, avaient déjà exprimé leur préférence pour un procès en France, ce qui est techniquement possible aux termes d'une convention bilatérale.
"Nous avons une justice compétente et un procès en France constituerait une insulte pour le peuple tchadien", réplique Ahmat Mahamat Bachir. "Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici. Soyons sérieux, ces inculpés doivent être jugés au Tchad."
La justice française, qui a ouvert fin octobre une information judiciaire pour "exercice illégal de la profession d'intermédiaire en vue de l'adoption", possède aussi des éléments à charge contre les membres de l'Arche de Zoé.
Alors qu'il est déjà établi que l'association a caché au Tchad son projet d'emmener les enfants en France, il apparaît que son président, Eric Breteau, a menti à la police française, a-t-on appris de source judiciaire à Paris.

Interrogé par la police française

Interrogé le 10 août par la Brigade de protection des mineurs de Paris sur son projet de ramener des orphelins du Darfour en France, il a assuré bénéficier du soutien de l'Unicef, ce qui était faux. Il a aussi invoqué l'appui d'une ONG américaine dont il a donné le nom, "Children Rescue".
Ce nom était en fait celui adopté au Tchad par les membres de l'Arche de Zoé. Par ailleurs, Eric Breteau s'est vu lors de cette audition de police adresser une mise en garde officielle contre l'exécution de son projet, mise en garde mentionnée sur le procès-verbal qu'il a signé.
L'information judiciaire a été confiée à deux juges d'instruction de Paris, qui vont centraliser les plaintes déposées partout en France par les familles qui avaient financé l'Arche de Zoé en vue de l'accueil d'un enfant.
Eric Breteau clame son innocence dans un entretien au journal Sud-Ouest publié mardi. "La seule chose que j'aie faite, c'est que j'ai voulu sauver des enfants qui sont dans la détresse. Aujourd'hui, on parle de moi comme d'un criminel, alors que je suis le seul à avoir essayé de faire quelque chose pour le Darfour", dit-il au journaliste qui l'a rencontré lundi après-midi dans sa cellule.
L'enquête menée par les organisations internationales montre que les enfants que l'association a tenté de ramener en France n'étaient pas soudanais mais tchadiens et que la grande majorité d'entre eux n'étaient pas orphelins. (Reuters)

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/afrique/

Gepost door: Claude | 07-11-07

Pour le Tchad, un procès en France serait "une insulte" NOUVELOBS.COM | 07.11.2007

Le ministre tchadien de l'Intérieur estime qu'un procès des membres de l'association en France serait "une insulte"


Le ministre tchadien de l'Intérieur, Ahmat Mahamat Bachir a estimé qu' "un procès en France" des membres de l'association Arche de Zoé "serait une insulte". Dans un entretien au Parisien - Aujourd'hui en France paru mardi 6 novembre, Ahmat Bachir évoque "une justice" tchadienne "compétente", et explique qu' "un procès en France constituerait une insulte pour le peuple tchadien". "Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici", précise-t-il. "Les faits ont été commis au Tchad. C'est pourquoi ces bandits doivent être jugés et condamnés ici", insiste-t-il.

"Des contrôles plus stricts"

Les membres inculpés de Children Rescue, l'opération controversée montée par l'ONG l'Arche de Zoé et destinée à amener en France une centaine d'enfants "doivent aussi purger leur peine dans le pays: qu'ils goûtent à nos prisons!", s'exclame le ministre tchadien de l'Intérieur.
"Et, une fois qu'ils auront purgé leur peine nous les expulserons du pays une bonne foi pour toute", affirme le ministre.
Le ministre explique le Tchad va renforcer ses contrôles. "Désormais", les autorités tchadiennes réclameront "un rapport d'activité mensuel détaillé aux organisations humanitaires déjà installées". La confiance n'exclut pas le contrôle", conclut-il.

Gepost door: Claude | 07-11-07

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